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Midi
Libre Mardi 21 mars 2006
Jazz-rock
Nguyên
Lê brûle sa guitare pour Hendrix
Reprendre
Jimi Hendrix, pour un guitariste un tant soit peu habile, est une
tentation à laquelle il est très facile de succomber, mais beaucoup
moins de se relever. On ne vous fera pas ici la liste des gratteux présomptueux
qui, depuis la disparition du "Voodoo child", se sont passablement
cramés à s'être inconsidérément approchés de son répertoire
pyromane. Nguyên Lê s'en est, lui, tiré sans dommage... Allez, avec
peut-être quelques poils roussis par-ci, par-là, mais guère plus.
Marqué
par le génie gaucher comme les deux tiers des guitaristes de la Terre
et de Mars réunis, Nguyên Lê a d'abord signalé publiquement cette
respectable admiration en 1995 par une mémorable (nous dit-on) prestation
au festival de Stuttgart. Mais ce n'est qu'en 2002 qu'il a franchi le pas
et osé enregistrer un album entier de reprises de Jimi Hendrix:
Purple (ACT). Le subtil guitariste d'origine vietnamienne fait déjà la
différence par le choix des morceaux : ils ne sont pas si nombreux
ceux qui se sont colletés à South Saturn Delta ou, surtout, au pour le
moins barré 1983 (a merman l should turn to be). Nguyên Lê se démarque
ensuite par la manière respectueuse mais jamais déférente dont il
aborde le répertoire hendrixien. II le fait, en vérité, comme les
jazzmen l'ont toujours fait de leurs standards: en les tordant à leur
personnalité et en en repoussant les audaces avec cette ambition qui ne
serait que prétention si n'était le plaisir instinctif du jeu qui ne va
pas sans...
Ainsi
se permet-il de faire subir un lifting drum'n'bass à Are you experienced.
Il ne craint pas non plus de rendre plus funky le déjà monumental
Purple Haze. Quant à Up from the skies, il se voit offrir un nouveau
traitement soul ultra saturé. Plus loin, c'est Voodoo Child (slight return),
absolu chef-d'œuvre, qu'il renvoie via des arrangements magnifiques,
d'où il vient : l'Afrique. Et partout, cette guitare tour à tour
cristalline et volcanique, cérébrale et viscérale, urbaine et traditionnelle,
économe et logorrhéique.
Une
guitare qui ressemble beaucoup moins à Jimi Hendrix qu'à Nguyên Lê.
Ça n'a l'air de rien ou, pire, d'une lapalissade, mais il ne faut pas
chercher ailleurs le secret de la réussite de l'hommage de l'un a
l'autre. On a en tout cas hâte d'en découvrir la traduction scénique.
Quitte à en avoir, nous aussi, quelques poils roussis! .
J.Be
Demain
soir, à 21 h, au Jam, 100 rue Ferdinand de Lesseps. 18 € et 16 €. 04
67 58 30 30.
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Midi
Libre Samedi 18 mars 2006
ON A VU
Jazz
John
Scofield plus chic que choc au Jam
C'est
dans une salle aussi noire de monde qu'une partition de John Coltrane, de
notes impossibles, que s'est produit mercredi dernier, le guitariste John
Scofield. Un événement, il faut dire. Et très grand public avec ça
puisque le défricheur de cordes et arpenteur de grilles avait choisi de
rendre hommage à Ray Charles.
Toute
la question était de savoir si Scofield pousserait le répertoire du
"Genius" vers l'expérimentation jazz-rock la plus moderne ou
si, au contraire, sa guitare intense irait frayer du côté de cette
musique populaire intelligente, située aux confins du rhythm'n'blues, du
blues, du jazz et de la pop, dont Ray Charles fut la plus formidable
incarnation. La réponse a été clairement exprimée par la présence
d'un chanteur (Meyer Statham, dont le gosier semble hanté par quelque
ange subtil). Puisant dans le plus connu de Ray Charles (Hit the road
Jack, What'd I say, The night time is the right time, I don't need no
doctor, Unchain my heart et, il fallait oser, Georgia on my mind),
Scofield et son groupe, extrêmement efficace, ne déméritent jamais et
offrent un superbe concert, d'une belle intelligence mélodique, d'une
beauté sonore rare et d'une générosité rythmique jamais démentie...
Reste
qu'on pouvait attendre autre chose que cette sorte de rythm'n'blues bon
chic bon genre, toujours classe mais jamais bouleversant, parfait pour égayer
l'intérieur cuir
d'un
4x4 Porsche ou pour tester la finesse de sa chaîne haute-fidélité
dernier cri. D'un aventurier de la guitare comme Scofield, on osait espérer
de l'improvisation iconoclaste,
du
dynamitage harmonique, de l'audace sonique, voire de la fureur électrique...
Au lieu de quoi, on a donc eu la perfection. Bien mais dommage.
J.Be
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Coup
de cœur midi Libre 13/03/2006
Un
événement dans le cadre du "Jam sacre le printemps"
John Scofield rend hommage à Ray
Ce guitariste au jeu moderne, incisif et élégant a explosé au côté
de Miles. Depuis, en solo, il brille par son éclectisme
Pour
ses vingt-cinq ballets, au printemps dernier, le Jam avait frappé très
fort (quel swing, en effet) et nous avait mis KO, par une série de coups
absolument insensés: Holdsworth, Youn Sun Nah, Douglas, Zawinul, Ayers,
Murray, on en passe! Or, ce qu'il y a de chouette, c'est qu'il y a un
printemps tous les ans. Du coup, le Jam remet ça! A peine le temps
d'exercer son jeu de jambes avec Louis Winsberg vendredi dernier,
qu'arrive donc l'un de ces coups susceptibles d'envoyer le mordu de jazz
et plus largement de musique vivante (on veut dire, vraiment vivante) au
tapis pour le compte: John Scofield.
Si
le guitariste américain a été définitivement adopté par le grand
public . grâce à trois années et demie de tournées et
d'enregistrements avec Miles Davis (entre 1982 et 1985), il avait déjà
brillé avant cela, au côté de Mulligan, Baker, Cobham, Liebman,
Burton, Mingus ou Abercrombie. Et les amateurs savent que, pour
s'illustrer au côté de caïds de ce calibre, il vaut mieux en être un
soi-même!
Dès
la fin des années 70, John Scofield tente l'aventure en solo et, au fil
des années, elle se révélera aussi passionnante qu'erratique, aussi
pointue que généreuse. Zélateur du jazz-rock qu'il contribua à établir,
le guitariste fait montre d'une exigence instrumentale confinant parfois
à l'aridité (la fameuse "musique de musiciens pour
musiciens"). Ses interventions de soliste se distinguent par un phrasé
électrique, limpide et incisif, ainsi que par une redoutable science des
effets de saturation et de réverbération. Son jeu parvient, en fait, à
être dans le même élan, extrêmement torturé et infiniment élégant...
Depuis
une dizaine d'années, John Scofield, qui n'a jamais cessé d'aimer et d'écouter
les formes plus populaires de la musique noire américaine (blues,
rhythm'n blues, funk), semble négocier un virage vers des territoires
plus accessibles, voire même ludiques. Mais attention: sans se départir
de son exigence ni de sa virtuosité! Cela nous vaut des enregistrements réjouissants,
pour ne pas dire jouissifs, comme Überjam (Universal, 2002), Oh! (Blue
note, 2003), Up all night (UniversaI, 2003) ou EnRoute (Verve, 2004), pour
ne parler que des plus récents.
Enfin
l'an dernier, il a publié ce qui constitue sans doute son disque le plus
évident: John Scofield plays the music of Ray Charles (Universal). C'est
ce bel et cool hommage, bien plus pertinent qu'il n'y paraît, que le
guitariste vient défendre au Jam. Préparez-vous à être mis knock out!.
Jérémy
BERNÈDE
Mercredi,
à 21 h, au Jam, 100 rue Lesseps. 20 €.
04
67 58 30 30.
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LE
BEAU PRINTEMPS jazz, funk et
groove au Jam
Le
Jam à Montpellier s'offre un beau printemps avec une série de
concerts dignes des
meilleurs
clubs jazz et funk de la planète. En un mois, les pointures
internationales vont se succéder sur la scène de la salle Michel
Petrucciani. Le guitariste John Scofield, pionnier du jazz-rock, rendra un
hommage aux standards de Ray Charles (15 mars), tandis que le guitariste
Nguyên Lê, réputé pour son jeu aérien entre jazz, rock et musiques
traditionnelles, s'offrira une relecture passionnelle de l'œuvre de Jimi
Hendrix (22 mars). Le Moutin Reunion quartet, à l'esprit jazz, groove
et swing (17 mars), et le régional et émérite batteur Denis Fournier,
accompagné de son quartet (29 mars), promettent également de belles
envolées.
Par
ailleurs, la première édition du « Cosmic Groove Festival », organisé
par le disquaire Cosmic Groove, s'intercale dans la programmation jazz du
Jam, avec ses joyaux soul et funk. Le collectif Breakestra de Los Angeles,
entre funk, breaks et hip-hop, ouvrira les réjouissances (23 mars), suivi
par le fantastique vibraphoniste Roy Ayers (photo), tout en langueur et en
élégance (24 mars), et par Plunky & Oneness of Juju, maître américain
de l'afrofunk (25 mars).
James
Taylor Quartet, un des must de l'acid-jazz anglais (31 mars), et Gwen
McCrae, légende vivante de la soul music américaine (1er avril)
illumineront le cœur du festival. Et enfin, l'excellent claviériste américain
Lonnie Liston Smith, qui joua entre autres avec Art Blakey, Pharaoh
Sanders et Miles Davis (7 avril), et Alice Russell, remarquable et jeune
diva anglaise de la soul moderne (8 avril).
Vivre
en Languedoc-Roussillon
Le
journal du Conseil régional Mars du Languedoc-Roussillon 2006 Mars 2006
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MIDI
LIBRE Dimanche 1 Janvier 2006 Rétrospective Montpellier 2005
Le
Jam, perpétuellement "sur la corde raide financièrement",
selon son directeur Jean Peiffer, fête au début du printemps son 25ème
anniversaire. Mais en vérité, c'est durant douze mois un défilé
hallucinant de pointures : Roy Ayers, Joe Zawinul, Sclavis, Lee Fields,
Sharon Jones, David Murray, Youn Sun Nah, Happy Apple, Hermeto Pascoal,
Jack Dejohnette, Magma, etc...
Peut-être
la plus belle programmation de l'année.
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Midi
libre 03 mai 2005
On
a vu
Au paradis de la
soul music
La messe est dite. Et tant
pis pour les absents. Pour se faire pardonner de ne pas avoir assisté,
samedi dernier, à ce mémorable concert des soul sisters Marva High et
Martha Whitney, ils seront priés de réciter deux James Brown, trois
Marvin Gaye et quatre Lyn Collins. Au minimum. Car pour cette soirée
hommage à la dernière citée, récemment disparue, les deux funky divas
ont tout balancé pour dessiner un aperçu de ce que peut être le paradis
de la musique afro-américaine. De la voix, du look, du déhanchement...
L'esprit fin des années 60 leur colle à la peau.
« Stand up, Montpellier! » Marva
High, la blonde platine moulée dans un bustier or pailleté, allume la
première étincelle. Sur un tempo lent, elle donne l'impression, avec sa
voix à coulisse, de pouvoir chanter un annuaire téléphonique. On plonge
dans les ghettos, au cœur de la révolte sociale qui gronde. On s'apaise
en même temps qu'on s'élève sur les vocalises gospel des vingt minutes
ininterrompues de Rock me again en hommage Lyn Collins.
Les six musiciens du Soulpower
Allstars se mettent à l'unisson du public et tanguent allégrement. Le
tromboniste, jusqu'alors, timide, prend le pas d'un sax déchaîné qui
multiplie les chorus sur le devant de la scène. Le bassiste qui trépigne
d'impatience assure le relais en laissant dégouliner sa science du funny
funky. Le guitariste, clavier et le batteur n'en demandent pas moins pour
rappeler à leurs compères que quelque part, tout vient du blues. Martha
Whitney, avec ses morceaux plus ramassés, servis par un organe tout en
nuances et explosif, fait monter la pression. Le slow de rigueur n'est là
que pour reposer les pieds et éviter que la jauge de la salle du Jam
copieusement remplie ne monte dans la zone rouge (quoique les déhanchements
se fassent plus lascifs et les mains d'une partie du public davantage
explicites...). En transe, quasi religieusement, le public y entrea dans
un final imparable avec, en duo, l'interprétation de Summertime, et les
larmes du souvenir sur It's my think de Lyn Collins. On était bien au
paradis de la soul music.
Ch.Gayraud.
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Soirée
de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun el Saadi au
Jam mercredi 13 avril
Photos
Hervé Berteaux |
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Babacar |

basim |

le père de
florence |

Franck
Nicolas Jazz Ka |
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Général
Alcazar |

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Jean Claude
Fall |

José Freche |
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Siegfried
Kessler |

Koukal Blues |

Mathilde Monnier
et Sclavis |

Roland
Ramade |
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Youssef Ait
Tahar |
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vendredi
15 avril 2005 (Liberation)
Otages
Cent
jours d'une intense mobilisation
Depuis
la disparition de Florence Aubenas et Hussein Hanoun, le 5 janvier, pas un
jour ne passe sans une nouvelle initiative.
Par Nicole
PENICAUT et Dominique SIMONNOT

«Est-ce
que quelqu'un connaît quelqu'un qui pourrait venir pour...» gonfler
les ballons à l'hélium qui seront lancés ce samedi à midi partout en
France. Pour brandir les cent «torches de l'espoir» d'hier soir, au
Trocadéro, sur le parvis des Droits-de-l'Homme à Paris. Ou les cent feux
de détresse, en forme de SOS, embrasés aussi hier soir à Blanquefort,
dans la banlieue de Bordeaux. Pour signer et faire signer la pétition.
Pour expédier aux libraires le livre des Cent jours sans Florence
et Hussein qui sera vendu au bénéfice du comité de soutien. Pour donner
les contacts d'artistes appelés à se produire lors d'une soirée de
solidarité. Pas une heure, pas un jour sans un mail, un coup de fil
accompagnant une nouvelle initiative.
Urgence.
«Est-ce que
quelqu'un connaît quelqu'un qui pourrait venir pour..»
ça fait cent jours que Florence et Hussein ont été enlevés. Et, depuis
ce 5 janvier, le nombre de ceux qui offrent du temps, des bras et de
l'imagination ne cesse de grandir. Les actions se font dans l'urgence. Car
personne n'a envie de se projeter trop loin. «Qui aurait pensé le 5
janvier, date de leur enlèvement, que le 15 avril on en serait encore là
? Et quand, il y a une dizaine de jours, on a préparé les événements
des cent jours, on espérait tous avoir à les annuler...» Déjà, il
y a un mois, chaque organisateur de manifestation, de débat, de concert
s'excusait gentiment à l'avance : «Espérons que nous n'aurons pas à
le faire.» Mais la soirée de soutien de mercredi dernier au Jam à
Montpellier a bien eu lieu. Organisée bénévolement par une poignée de
bonnes volontés locales, elle a réuni sur la même scène des artistes
d'envergure internationale et des musiciens plus régionaux : Général
Alcazar, Roland Ramade, Frank Nicolas Jazz Ka, Siegfried Kessler, Kahina,
Koukal Blues, Basim, Babacar M'Baye Fall, Mathilde Monnier et Louis
Sclavis. «Personne n'a joué comme dans un concert normal. Chaque
morceau semblait une parole adressée à Florence et Hussein», dit
Jean Peiffer, le directeur du Jam, qui s'est mobilisé dès le début pour
que cette soirée ait lieu. En dépit de ceux qui disaient : «Pensez-vous,
d'ici au 12 avril, ils seront rentrés !»
C'est
comme cela depuis le début. Le débat-spectacle de Château-Thierry
(Aisne) fut maintenu, comme les 1 000 Fanfares, comme la soirée au
Transbordeur de Lyon, comme celle de Lille, de Caen, de Marseille... Les
affiches continuent à être expédiées à Mons-en-Baroeul (Nord) «Nous
sommes de petites associations mais bien solidaires.» Elles sont
accrochées aujourd'hui au fronton de plus de deux cents mairies. C'est pêle-mêle
et c'est partout. A Stockholm, à Bruxelles, à Liège, des concerts, des
cérémonies, des affiches frappées d'un impératif «Vite !».
Des poèmes qui arrivent, des chansons. Des idées. «On va fabriquer
des banderoles pour les balcons des particuliers.» Elle est arrivée
un jour au comité de soutien avec cette proposition. «Est-ce que
quelqu'un connaît quelqu'un qui pourrait les fabriquer et à quel prix ?»
Une semaine après, c'était fait.
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