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MIDI LIBRE  MONTPELLIER     lundi 17 janvier 2005

A 25 ans, le Jam est fort comme un bœuf

La structure s’est mitonné un copieux festin groovy

 

Un petit club qui bichonne sa réputation

 

Vingt-cinq ans. A l'origine, le Jam (Jazz action musique) n'avait rien prévu de spécial pour son anniversaire. Sans doute, parce qu'il y en a, ça n'aura échappé à personne, un tous les ans et que, partant de là, ça n'est peut-être pas si exceptionnel... Mais bon, un quart de siècle, tout de même! L'équipe du Jam, son directeur Jean Peiffer en tête, a donc cédé, si l'on peut dire, à la pression sanguine pulsée par son palpitant de passionné de jazz et de toutes les musiques possédant un solide sens du groove.

« Voilà, on a décidé que le Jam "sacre ses 25 printemps" », sourit Jean Peiffer avant de préciser qu'en dépit d'une ressemblance plus que certaine avec le nom du festival du Jam abandonné en 2002 après six éditions ("Le Jam sacre le printemps", effectivement...), l'événement à venir ne devait pas être envisagé comme la reprise de ce rendez-vous mémorable.

«Sans aide à la diffusion, organiser un festival relevait de la mission impossible, mais on a quand même essayé et on a pris quelques beaux bouillons, poursuit Jean Peiffer, sans amertume. Ce coup-ci, en fait, il s'agit d'une sorte de label pour les concerts qui nous tiennent particulièrement à cœur cette saison. Ce qui, bien sûr, ne signifie pas que les autres musiciens qui vont se produire chez nous ne nous importent pas, loin de là ! »

La liste desdits artistes labelisés, Le Jam sacre ses 25 printemps est, en tous les cas, diablement impressionnante (lire ci-contre). Légendes vivantes, savants fous de l'impro, sorciers du groove, coups de cœur solides et découvertes audacieuses, rien ne manque. Après avoir revissé sa mâchoire décrochée à la découverte du programme, c'est la caboche que l'on se gratte énergiquement, car une question tarabuste: mais comment a fait le Jam pour élaborer une affiche aussi excitante qu'Euterp, malgré tout son prestige artistique, sa puissance politique et sa solidité financière, n'a jamais véritablement pu offrir à sa saison Montpellier Jazz (paix à son âme... Dommage) ? Sans doute, cela tient-il pour beaucoup à la nature particulière du Jam, tout à la fois école de jazz déjà reconnue et club qui l'est de plus en plus.

« Depuis maintenant à peu près un an, notre espace Michel-Petrucciani est devenu, je trouve, une vraie salle de concert. En tout cas, après avoir longtemps hésité sur sa fonction (annexe de l'école? laboratoire pour élèves et musiciens de la région ?), on la gère désormais comme telle », souligne Jean Peiffer avant de vanter les qualités, il est vrai indéniables, de son club: « Une ambiance agréable, le choix d'être debout ou assis, un petit bar, une acous­tique excellente et une proximité incomparable avec les musiciens sur scène. » Toutefois, il ne cache pas la fragilité endémique de cet outil, de par sa capacité réduite (350 places environ) et la politique tarifaire choisie (rarement plus de 16 €, l'entrée). Il ne cache pas non plus le fait que les artistes eux-mêmes concèdent quelques efforts. « Ils sont séduits par la présence de l'école, la simplicité de l'accueil et la proximité avec le public, alors ils se mettent au niveau », résume le directeur. Et il y a les petites combines: le Jam préfère ainsi s'adapter au planning des musiciens plutôt que leur commander une date, les accueillir en somme dans les "petits creux" de leur tournée, entre deux dates plus "rentables" pour eux. Il regarde aussi ce qui se passe ailleurs, chez ses voisins italiens et espagnols par exemple: « Holdsworth tourne et marche dans ces deux pays, mais ne vient jamais en France. Notre truc, c'est de nous débrouiller pour qu'il prenne un billet Barcelone-Montpel­lier-Rome, plutôt qu'un direct Barcelone-Rome, et bien sûr pour que notre salle soit disponible à ce moment-là. »

C'est aussi simple que cela? Certes, non, mais quand on est passionné, tout semble plus facile. Du moins, un peu plus. Et à l'évidence, ça conserve car à 25 ans, le Jam est toujours fort comme un bœuf. On n'en attendait pas moins. .

Jérémy BERNÈDE