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MIDI LIBRE 5 ( MERC 15 SEPT 2004 )j

SAISON   A partir du jeudi 7 octobre

 

Le Jam: la scène jazz dans tous ses états

 

Trois concerts par semaines, des Nuits du ramadam,

un festival de jazz gospel... Le premier trimestre

du Jam a du groove

« le musique qui développe l’imaginaire »

 

 

 D'habitude, le Jam entame la rentrée mid tempo, presque timidement, dévoilant sa programmation discrètement. Mais cette année, l'École régionale de jazz et de musiques actuelles se révèle bavarde, pipelette et volontiers "mélangeuse" des genres musicaux. « Certainement parce que le monde est plus varié, constate Jean Peiffer, directeur général. Également parce qu'ici, nous traduisons le mot jazz par musique vivante. Certaines personnes ne voient dans le jazz que des vieux à barbe avec des clarinettes ou qui jouent du New Orléans. Pour nous, c'est le mot improvisation dans le jazz qui nous intéresse, cette musique qui permet aux artistes et au public de développer leur imagination. »

Et il faut croire que les adeptes des neurones joyeux sont de plus en plus nombreux au regard du nombre d'élèves qui viennent dans les cours et cycles de formation du Jam. Avec deux cent cinquante jeunes, les enseignements affichent pratiquement tous complets et l'on se serre les coudes dans les douze classes existantes. Le projet d'agrandissement est donc plus que d'actualité avec l'aménagement du bâtiment voisin en une grande classe d'ensemble, un espace destiné à l'électro, et des boxes de répétition faisant cruellement défaut. Le projet sera présenté aux partenaires institutionnels (Ville, Agglo, Département, Région et État), le mois prochain, pour un lancement du chantier le plus rapide possible.

Dans tout ce fourmillement, le premier trimestre de programmation excite également les passions. A commencer par "la" date de l'automne (15 novembre), Carla Bley, la pianiste espérée depuis cinq ans ici, mais aussi les jazz clubs en compagnie des "Ricains" de Mudcat, du 'blues d'Atlanta (21octobre) teinté de ragtime et de gospel hystériquement communicatif, le collectif Louis Petrucciani (11 novembre) et Post Image (25 novembre), à la frontière entre feeling du jazz et pulsation électro.

A retenir sans bémol non plus, les deux événements organisés autour de thèmes: Les Nuits du ramadan, «pour resserrer les liens entre musiques 0rientale et actuelles, bien qu'ici, on serve le thé à la menthe depuis bien longtemps»(15, 16 et 22 octobre) et le Festival jazz gospel News Orléans (5 et 6 novembre), collant au débordement d'énergie de ce genre à Montpellier.

Enfin, une bonne fête ne se déroulant jamais sans un anniversaire, le contrebassiste installé à Montpellier, Michel Bis­muth, viendra présenter son répertoire blues jazz méditerranéen, Hédiyé. Pour une fois, on aurait vraiment tort de ne pas jazzer. .

Le Jam, 100 rue Ferdinand­

de-Lesseps. Tout le programme (concerts à partir du 7 octobre) sur le site www.lejam.com. 0467683030.

 

Christophe GAYRAUD

MIDI LIBRE  Lundi Juin 2004  

 

MUSIQUE  Le Jam a ouvert ses portes pour fêter son quart de siècle

 

25 ans déjà et toujours pas d' eau dans le jazz

 

Projet d'extension aidant, cette structure a plus le rythme que le blues

 

. Le Jam a 25 ans et ça se fête. Là où on pouvait attendre pour célébrer ça une ses­sion du feu de Dieu ou un concert d'antho­logie comme la maison en a abrité une tri­potée, le Jazz action musique de Montpel­lier prend le contre-pied sans tambour, ni trompette, encore que... Jeudi en mati­née, l'antre de la rue Ferdinand-de-Les­seps a organisé une visite de ses installa­tions pour mieux se faire connaître.

Certes, il y a la salle de concerts Michel-Petruccia­ni, avec sa jauge raisonnable de 400 places, qui accueille tant les jeunes talents  locaux que les grands noms du jazz qui ont quasi­ment tous accepté de participer à des masterclasses lors de leurs venues.

Mais elle fait un peu d'ombre au res­te, qu'il ne faut pas négliger. C'est-à-dire: une école de jazz et de musiques du mon­de unique en Europe, avec pas moins de 30 musiciens formateurs, 250 stagiaires en cycle professionnel ou général (pour une moyenne d'âge de 22 ans) et 11 salles de cours parfaitement équipées. Et, pour assurer le tempo, un studio d'enregistre­ment live où ont sévi Archie Shepp et Ste­ve Coleman.

Au fil du temps, le Jam s'est diablement structuré. Quelques-uns se rappellent du début de l'aventure entre fondus de la musique, du théâtre Iseon aux Abattoirs où, souvent, les musiciens les plus brico­los s'improvisèrent maçon ou électricien pour aménager une pièce. Vint ensuite le temps de la rue Henri-René puis, en 1997, le vrai virage, vers ce bâtiment de 1 000 m2 qui appartenait à la ville de Mont­pellier. Le Jam a pris ses aises et dièses et fourmille de projets. Cet anniversaire, c'est l'occasion de faire le point.

A l'image de bien des salles moyennes, le lieu ne cache pas ses difficultés structu­relles. «On s'autofinance à 75 %. D'un côté, il y a une liberté appréciable, de l'autre, une fragilité qui se ressent notamment au niveau de la diffusion », indique Jean-François Fontana. L'aide à la diffusion, c'est une manne que le prési­dent du Jam appelle de ses Vœux. « Les structures moyennes ne font pas d'ombre aux grosses. Il y a beaucoup de choses à redéfinir. Comment mieux déployer l'ar­gent public à la culture, que met-on exac­tement derrière l'appellation "musiques actuelles", par exemple. lci, cela ne se sait pas forcément mais il y a des cours de musique indienne et orientale et il y aura de la techno l'an prochain. »

«Ailleurs, on a monté des partena­riats sur Carcassonne et le bassin de Thau, on a des pistes sur le Gard. On a monté Jam'ado, un orchestre où les jeu­nes jouent ensemble. Mais, ici, on com­mence à manquer de place. On a des petits problèmes de planning pour que tout le monde soit à l'aise. On va faire des demandes de financement, en octo­bre, pour s'agrandir côté jardin afin de rajouter des salles de cours mais aussi des bureaux et envi­sager un espace d'ac­cueil plus grand », complète Jean Peif­fer, directeur géné­ral. Dans son esprit, les deux bâtiments ne feront plus qu'un. «L'arbre dans la cour sera sacrifié », a-t-il tranché, la mort dans l'âme.

Côté programmation, l'équipe bosse dare-dare sur la saison à venir. Une date est déjà certaine, celle du retour de Carla Bley pour le 15 novembre. IlI y aura aussi deux soirées, en octobre, autour du rama­dan. Autant dire qu'on n'a pas fini de jaz­zer autour du Jam. Les motivations de 1980 sont toujours valables: «promo­tion, enseignement et développement des musiques improvisées et trouver des cir­cuits pour diffuser la musique vivante et enregistrer la création musicale.

Jérôme CARRlERE

 

photo: Patrick Eoche

 

 

 

Le nouvel Observateur

Montpellier

Les secrets de la nuit

N° 2053 du 11 au 17 mars 2004

TRIBUNE LIBRE         nouvel Observateur

par Emilie Simon , Victoires de la Musique 2004

 « Mes universités »

J’ai presque toujours vécu en dernier étage, et j'adorais, la nuit, regarder le ciel de ma fenêtre. Quand tout est calme. La nuit est propice à la création, on est comme dans une bulle, avec l'im­pression d'être seul au monde et que tout nous appartient. J'aime travailler la nuit. Je ne sors pas beaucoup mais ça ne veut pas dire que je dors forcément. J'ai quitté Montpellier voilà cinq ans, un peu par hasard. Une bande de copains montait à Paris et j'ai suivi le flot. Jusque-là, j'avais passé ma vie au Rockstore. C'est tenu par un ami de mon père que j'ai souvent croisé à la maison. Puis je l'ai retrouvé, vers 17 ans, quand mon groupe de rock, les Sunfish Daze, est passé sur cette scène mythique, d'abord en première partie, puis pour des concerts. Enfin, j'y suis retournée fin octobre. C'est toujours Philippe Winling qui est là. Il incarne celui qui permet à une salle comme celle-ci d'exister en centre­ ville. Le lieu a un passé, une histoire, il est impossible à remplacer. Tout le rock des années 1980 et des généra­tions de musiciens sont passés par là.

A Montpellier, j'ai toujours fait de la musique. D'abord au conservatoire, à qui je dois tout ce que je sais faire au­jourd'hui, même si je n'étais pas d'ac­cord avec leurs méthodes, puis dans des opéras pour enfants. Je me sou­viens que nous étions même passés à l'Opéra Comédie. Et puis, je suis allée un ou deux ans au Jam, pour faire du jazz dans un quintette vocal. C'est un chouette endroit où je me suis bien amusée. Après le lycée, j'ai fait deux ans à la fac à Montpellier, en Deug de musicologie à Pau1_Valéry. Ce que j'ai préféré dans cette fac, ce sont ses pe­louses. Montpellier est faite pour ça, pour être étudiant, pour faire la fête. En général, on sortait en grosses bandes. On se retrouvait sans même fixer de rendez-vous, il y avait des points de rencontre immuables comme la place Jean-Jaurès ou la place de la Canourgue. Sinon, vers 17 heures, tout le monde allait dans les mêmes bars, comme le Petit Negresco. Mais j'ai un peu oublié les noms... et tout bouge tellement vite dans cette ville.

C'est ici que j'ai découvert l'électro avec les Boréalis, dans les Fetes des Pinguins et des Freshly Cut, qui sont des copains. J'ai même joué lors de la dernière édition des Boréalis et une fois à la Dune, en impro avec des potes. Avant, je n'aimais pas les boîtes de nuit. J'y suis allée au début pour écouter de la musique, pas pour la Fete, je viens d'un milieu de mu­siciens. A ce moment-là, j'allais à la Dune, à la Villa Rouge, j'ai aussi chanté aux Plages sonores avec des amis. Ensuite, à Paris, j'ai voulu voir ce qui se passait dans les clubs comme le Rex, le Pulp ou les soirées Res­pect du Queen. Mais, à Paris, la nuit est moins festive. Les gens vont plutôt manger au resto, les uns chez les autres ou dans des bars.

Aujourd'hui, je ne viens plus trop souvent ici, seulement trois ou quatre fois par an. La dernière fois, c'était en décembre. Je retrouve la famille, ma mère, mon père et mon frère, qui est musicien lui aussi. En général, je viens plutôt pour travailler tranquille. )} .

Propos recuellis par A. R.

 

Emilie Simon, 25 ans, auteur-compositeur- interprète, album de musiques électroniques/groove/dance de l'année pour "Emilie Simon" aux Victoires de la musique 2004. Une voix légère, des textes à double fond et une partition électro-pop lui ont valu toutes les louanges. Née et grandie à Montpellier, elle y fait ses premières armes: sept années au conservatoire, un peu de chant lyrique, puis du rock et du jazz. A 20 ans, elle vient étudier la musique à l'Ircam et à la Sorbonne.