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MIDI LIBRE
Édition du dimanche 18 juillet 2010
Montpellier. Culture

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Archives J.-M. M

Le Jam fait les frais de la lutte

BISBILLES : Radio France a zappé de son programme le domaine d'O, où l'école assurait les préludes

La lutte sévère que Georges Frêche et André Vezinhet se livrent sur le terrain des subventions culturelles a fait une victime collatérale : les premières parties du Jam, proposées lors du Festival Radio France. Depuis quatre ans, l'école de jazz de Montpellier assurait la programmation des préludes aux soirées jazz, dans la pinède du domaine d'O, un site départemental. Une articulation appréciée, notamment par le public. Mais voilà que le repli subit de ces soirées vers le nouveau théâtre de l'Agora - d'une capacité plus de deux fois moindre (!) - s'accompagne aussi de la suppression des premières parties du Jam. À la grande surprise des responsables de l'école car la rupture s'est faite « sans que le Jam ait été prévenu officiellement », regrettent-ils dans un tract

distribué à la sortie des concerts.
Selon toute vraisemblance, les raisons de l'abandon du château d'O pour ces rendez-vous sont à trouver dans l'annonce faite par André Vezinhet de ne plus verser de subvention au festival, soit 100 000 € (*). Sa proposition faite aux organisateurs de continuer à disposer du site n'a pas eu l'heur d'atténuer la déception. D'où la mesure de rétorsion prise par René Koering, soucieux de ne plus associer le domaine d'O à l'image de l'événement ? Les responsable du Jam, eux, ont fait les comptes : « Pour le festival, le même nombre de concerts mais avec une possibilité d'accueil du public réduite. Pour le Jam, zéro concert, quelques milliers de spectateurs en moins et une centaine de cachets d'intermittents qui sautent pour des musiciens de la région. Cherchez l'erreur. »

Guy TRUBUIL (avec P. C.)
(*) En retour, Georges Frêche a diminué la subvention de la Région au Printemps des comédiens de 300 000 ?.

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La Gazette du 1er au 7 juillet 2010

JAZZ  LES AMERICAINS EN PINCENT POUR LE JAM 
Le simple simple fan ou le musicien émérite, est impressionné dès l'entrée dans la salle Michel Petrucciani du JAM par la collection de photographies exposées. Une vingtaine de portraits en noir et blanc, parfois signés, de nombreux artistes venus se produire dans l'antre montpelliérain du jazz, qui fête ses trente ans. Parmi eux, les américains Steve Coleman, John Abercrombie, David Murray, Mike Stern ou encore Joe Zawinul, une litanie de noms célèbres peu commune pour une ville qui, après tout, n’est pas une capitale.
Jean Peiffer, directeur général depuis la création du JAM, il y a trente ans, entend souvent « c'est le meilleur concert qu'on ait fait ! » de la part des légendes américaines.
Que peuvent-ils bien trouver à ce lieu au point d'y retourner jusqu'à sept fois pour le légendaire claviériste Joe Zawinul ou d'y passer quinze jours pour le saxophoniste Steve Coleman, avec un disque à la clé ?
 
LE LIEU
Tout d'abord, le format même de la salle est atypique. De taille moyenne avec environ 400 places, le JAM est à mi-chemin entre le club intimiste et les grandes scènes auxquelles sont habituées les stars. Des fauteuils, des tables, un bar, l'ensemble est chaleureux et permet une proximité des artistes avec leurs spectateurs, les concerts se terminant souvent autour d'un verre, à refaire le monde... musical.
 
LE SON
Contrairement aux clubs parisiens, l'acoustique, le matériel récent et haut de gamme produisent un son de qualité, qui ravit les oreilles les plus fines. C'est le fruit d'un choix d'excellence, confirmée par l'un des deux sonorisateurs attitrés du lieu : « au début, j'avais constamment des remarques des musiciens, aujourd'hui, ils ne me parlent même plus ! » se félicite David Urbach.
 
LES MASTER CLASSES
Autre atout, lié à la présence dans les mêmes locaux de l'école et ses 250 élèves, la tenue courante de masterclasses avant les concerts. Les étudiants  peuvent ainsi se voir prodiguer en direct, instrument en main, les conseils des plus grands techniciens mondiaux.
« Cela permet aux artistes de s'approprier le lieu » selon Jean Peiffer qui ajoute : « c'est moins impersonnel que la grande salle, où on entre et on sort, juste le temps du concert ».
 
L'ACCUEIL
Touche finale, et non des moindres : l'accueil culinaire, assuré par Djamila Meniri, dont le couscous « est connu jusqu'à New York ou la Californie ! ». Tous les américains qui viennent pour la première fois commandent un éternel « poulet-patates » mais s'enquièrent du couscous de Djamila dès la seconde fois !
Mais avant de séduire les pointures du jazz, il faut les faire venir une première fois. Et là, avec humilité, Jean Peiffer explique : « on tente d'obtenir les musiciens qui passent d'une capitale européenne à une autre, afin de réduire les coûts ». Ce qui permet de s’assurer la présence d'artistes programmés à Barcelone, Munich ou bien Milan. Après, on l’a vu, les hommes du cru et le lieu font le reste.
 
Benoît Guerrée

Une salle au service des apprentissages

Le JAM, une école ou une salle de concert ? « L'une ne fonctionne pas sans l'autre, et vice-versa » affirme Jean Peiffer, le directeur, avant d'exposer en quoi la scène est un outil pour les cours dispensés tout au long de l'année : « Quand tu rentres au JAM, tu dois faire trois concerts par an au minimum ». Chaque élève intègre donc un groupe à part entière, relié à un genre musical qui va du funk à la salsa orchestrale en passant par des reprises de standards... de jazz évidemment.

C'est donc autour des pédagogies actives chères à Célestin Freinet que l'enseignement est tourné, permettant ainsi aux élèves de se produire, y compris en dehors du JAM comme lors du festival de Radio France ou au Vigan.

Outre des cycles de découverte et d'approfondissement, le JAM propose des formations professionnalisantes sanctionnées par un diplôme national, commun au réseau d'écoles françaises de jazz. Emélie Simon ou Marianne sont deux exemples d'élèves qui sont aujourd'hui musiciennes professionnelles. D'autres se retrouvent... prof au JAM, recyclage interne oblige !

Un bémol ? Un prix supérieur aux formations dispensées par le conservatoire, lequel est très largement subventionné. « Nos élèves sont différents » explique aussi le directeur pédagogique. « Chez nous, ils arrivent souvent auto-formés avec des lacunes mais aussi des qualités propres ». Des approches qui conduisent à une coopération nécessaire entre les élèves lors des pratiques d'ensemble. Le jazz, c'est l'interaction.
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B.G.

Deux « fils de » à Montpellier

La Gazette de Montpellier (25/03/2010)

 

Coltrane et Allison, deux patronymes majuscules, l'un en jazz, l'autre en blues, à l'affiche à Montpellier la semaine dernière. John Coltrane et Luther Allison décédés, ce sont leurs fils, Ravi et Bernard qui perpétuent le nom mais surtout la musique devant un public qui vient désormais les écouter pour ce qu'ils jouent.

Bernard Allison, est aujourd'hui à 45 ans un guitariste phénoménal, reconnaissable immédiatement par son phrasé fluide et percutant. Déconcertant de facilité et d'humilité, il a ravi jeudi 18 les spectateur-rices de Victoire 2, à peine une centaine à s'être déplacé-es. « Je ne suis pas mon père, il m'a toujours dit de développer mon propre son » a t-il précisé avant de reprendre Serious, l'un des titres phares de son géniteur. Cela après avoir produit un blues-rock personnel profond et vécu, entre racines du Bayou et continuité blanche anglaise.

Chez Coltrane fils, toujours au saxophone, ce sont les harmonies complexes qui rappellent sa généalogie plutôt que les thèmes choisis ou la sonorité, un peu fade. Le Jam, rempli mercredi 17 pour l'occasion, n'a pas vibré autant qu'on aurait pu l'espérer, le cérébral l'emportant souvent sur la spontanéité.

 

Benoît Guerrée
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gazette

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Midi loisirs du 15/03/2010

Le Jam sacre le printemps

et son trentième anniversaire

Institution musicale incontournable, le Jam ("Jazz Action Montpellier") fête cette année ses trente ans et s’il ne s’agissait pas de la neuvième édition de son festival Le Jam sacre le printemps, on jurerait qu’il s’agit des célébrations anniversaire, tant chaque concert brille, pétille et enivre comme un champagne grand cru. Les festivités débutent ce vendredi 5 mars avec Jose James, crooner pour le temps présent dont le talent explose aux confins du jazz, de la soul et du hip-hop. On enchaîne mardi 9 mars avec Quest, quartette conduit par le saxophoniste David Liebman que son pianiste Richie Beirach présente comme une « combinaison du Miles des années 60, du Coltrane des années 60 et du meilleur dans le free-jazz ».

Puisqu’on en parle, l’événement suivant, le 17 mars, n’est autre que Ravi Coltrane, le fils qui s’y entend pour pulser en quartette un jazz new-yorkais on ne peut plus actuel. On bifurque vers le groove total le 13 mars avec l’épatant Bibi Tanga & The Selenites. Le 20 mars, Paulinho Lemos présentera son Jobim Project, bossa nova forcément. On reste en Amérique latine, Cuba cette fois, le 27 mars avec le représentant de la nueva troba William Vivanco. C’est ensuite un génie des claviers qui déboule le 31 mars : Tigran Hamasyan avec son nouveau groupe Arrata Rebirth. Enfin, le 2 avril, ultime virage stylistique et temporel avec Sir Joe Quaterman, chanteur américain soul & funk tout droit issu des 70’s. Champagne !

Jérémy BERNÈDE

L’école de jazz

Le Jam, c’est une très agréable salle de concert de 400 places portant le nom de Michel Petrucciani (qui l’inaugura), mais aussi et surtout une école de jazz reconnue lancée en 1986. Elle compte une vingtaine de professeurs musiciens et dix fois plus d’élèves, environ deux cents donc. Régulièrement, ces élèves donnent des concerts en orchestre, les prochains étant prévus les 8 et 9 avril.
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Padovani et sa bande  ( 15/01/2010)

La Gazette de Montpellier

Ambiance sérieuse et appliquée vendredi soir au Jam pour la venue de Jean-Marc Padovani qui a présenté son projet "Sketches". John Coltrane, Eric Dolphy ou Oliver Nelson, c'est notamment autour de leurs compositions arrangées que le septet rend hommage aux saxophonistes majuscules de l'histoire du jazz américain.

Souvent sautillant sur une seule jambe, mais les deux mains vissées sur ses saxes ténor ou soprano, J-M Padovani triture habilement les thèmes, par un mécanisme d'allers-retours avec ses musiciens. Mais l'ensemble, bien rodé, reste un peu figé et manque de spontanéité, d'inattendu, de force. Une rythmique très complice vient revigorer le groupe qui a peu souvent été réuni en concert depuis leur création (2008). Le batteur François Laizeau et l'excellent Frédéric Monino, dont le jeu et le son si caractéristiques en font l'un des meilleurs bassistes actuels, s'amusent visiblement dans cette structure où l'improvisation est cependant un peu à l'étroit. Une bonne surprise avec la voix de Claudia Solal, dont les aigus étirés ouvrent de nouveaux espaces.
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Benoît Guerrée

Larry Carlton Trio à Montpellier df

 

Le JAM, Montpellier (34), le 8 novembre.
Larry Carlton (guitare), Travis Carlton (basse), Gene Coye (batterie).


Public de vrais fans au Jam de Montpellier, venus écouter Larry Carlton, l'ancien renard des studios et sa jeune rythmique. L'accueil est triomphal, les morceaux attendus et applaudis dès les premières notes, c'est en véritable star que les spectateur/rices ont reçu les trois américains.

Malgré ou grâce à cela, Larry Carlton apparaît très détendu, proche du public, simple et très accessible, et prend visiblement un grand plaisir à jouer. C'est seul que le guitariste débutera le concert par deux morceaux introspectifs pour ensuite être rejoint par son fils Travis à la basse et le jeune Gene Coye (25 ans) à la batterie.

Globalement, c'est une mécanique très (trop) bien huilée que nous avons entendue ce soir. Larry Carlton, c'est un chat un peu nonchalant, très malicieux qui offre au public ce qu'il est venu chercher : des morceaux bien léchés, hérités de ses grandes heures des seventies. Au point que ça ronronne quelque peu malgré une basse slappée très présente, usant allègrement de sa cinquième corde. On sent chez Travis Carlton une double filiation certaine, celle de son père pour les mélodies et celle de Stanley Clarke pour l'attaque de cordes, la vélocité et ses riffs accrocheurs. On aperçoit aussi le Les Claypol de Primus pointer le bout de son nez dans le jeu répété, accrocheur et au volume élevé.

Le batteur, discret dans un premier temps, a pris son unique solo peu avant la fin du concert d'une heure 30. Mais quel solo ! Récent remplaçant de Toss Panos, Gene Coye nous a produit une approche soliste extrêmement originale, loin du déluge de toms habituel, racontant une véritable histoire avec ses baguettes.

Exceptée cette heureuse sortie, le concert a paru un peu attendu, ponctué des vieux tubes de Carlton (Last Nite, I am a Fool, etc.) qui, s'ils n'ont pas pris une ride, paraissent tout de même un peu réchauffés.

Benoît Guerrée
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Steve Coleman au JAM : l'évidente complexité dd

JAM, Montpellier (34), le 28 octobre.

Steve Coleman (alt sax, voc), Jonathan Finlayson (tp), Jen Shyu (voc), Thomas Morgan (b), Tim Albright (tb), Marcus Gilmore (dms)

Ils sont six à nous faire face en arc de cercle, batterie et voix aux extrémités. Cet orchestre est un vrai groupe, soudé, cohérent et massif, si l'on excepte Jen Shyu qui semble souvent chercher sa place... Pour les cinq autres, clairement dirigés par un Steve Coleman attentif et omniprésent, l'alchimie est réussie. On assiste à un savant maillage permanent de l'espace sonore dont la progression minutieuse oblige le spectateur à une attention soutenue, caractérisée par un silence rare dans le public.

Assurément, on ne comprend pas tous-tes la même chose du langage colemanien. Ce qui est sûr, c'est qu'il est expressif, évocateur et terriblement mystérieux. Parfois, on peine à suivre, tant le propos est continu, sans interruption, largement aidé par un Marcus Gilmore phénoménal malgré son air de ne pas y toucher. Le jeune batteur (23 ans), a peut-être hérité de quelques ficelles de son grand-père (Roy Haynes), il n'en développe pas moins son jeu propre, comparable à une locomotive filant sur un trajet sans gare où s'arrêter, avec un foisonnement de rythmes toujours renouvelés.

Mais la continuelle course en avant est contrebalancée par une fine utilisation des silences, tant par le saxophoniste que par les deux autres cuivres, Tim Albright et Jonathan Finlayson. Ce dernier est l'ancien du groupe, trompettiste depuis 2001 au sein des Five Elements et ça se voit : il joue toujours juste, très complice, et semble contribuer à la bonne intégration plus récente du tromboniste au jeu original.

Après plus de deux heures de musique non-stop, on en ressort abasourdi et émerveillé, de retour d'un pays où l'on parle une belle langue inconnue, qui semble en réunir d'autres, plus familières cette fois. Entre autres, le hip-hop n'est jamais loin, notamment traduit par un final vocal rapé amusé, où Thomas Morgan, qui avait quelque mal à faire oublier la basse puissante de Reggie Washington, semble trouver son compte. Quand Steve Coleman reproduit à la voix une ou deux phrases jouées auparavant au saxophone, c'est un éclairage nouveau, tel un pédagogue qui ré-explique sans répéter. Les élèves présent-es la veille à la masterclass pourront le confirmer...

Sur les raisons de son retour au JAM, l'atypique école-salle de concert-studio, Steve Coleman fait un clin d'œil au titre (1) du disque enregistré ici même il y a 8 ans : « We came back because we couldn't resist ! »

Benoît Guerrée Jazz magazine web
(1)Resistance is Futile, Label Bleu, 2001
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MIDI LIBRE 28/10/2009

Deux heures dans le secret du jazz de Steve Coleman

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Photo Sylvie Cambon


MUSIQUE : Hier à Montpellier, trente musiciens ont suivi la "master class" du saxophoniste. Il est l'invité des 30 ans du Jam ce soir et demain

Ils n'ont pas tout compris mais les propres musiciens de Steve Coleman le reconnaissent : il est difficile à suivre.
Depuis la fondation du mouvement M-Base dans les années 80, le saxophoniste américain trace sans doute la voie la plus captivante du jazz actuel, d'autant plus stimulante que son accès est ardu. Avec ses concepts nourris de symbolisme ou de mathématiques, il bâtit des structures rythmiques d'une incroyable complexité. « C'est usant, on sort crevé » , disait une musicienne (parmi les trente participants) à la sortie des deux heures de la "master class" animée hier au Jam, à Montpellier, par cette grosse tête au look de rappeur.
Steve Coleman est un habitué du Jam où, en 2001, il enregistra Resistance is Futile, un important album live, fruit de deux semaines de résidence et quatre concerts dans cette salle montpelliéraine. C'est donc très cool qu'il répondait aux questions des élèves d'un jour, sur les gammes et l'improvisation notamment : « Beaucoup de choses sont combinées et il n'y a pas de façon simple d'en parler, leur répond-t-il . Je suis autodidacte, je ne pense pas en termes de gammes. Si la musique ne dépendait que de cela, ce serait trop facile ! Je travaille constamment à trouver de nouvelles idées et je les joue immédiatement. » Cas pratique : une improvisation du leader rejoint tour à tour par ses musiciens Thomas Morgan (contrebasse), Jonathan Finlayson (trompette), Tim Albright (trombone), Jen Shyu (voix) et Marcus Gilmore (batterie). Même si l'ambiance est à la rigolade, Steve Coleman les garde sous pression en multipliant les exercices rythmiques où les temps se chevauchent, tout en réclamant une attention permanente aux changements harmoniques. « Ils doivent me suivre intellectuellement » , dit Coleman au terme d'une longue variation autour du standard All the Things You Are.
La musique coule du saxophone de Coleman en torrent et, quand on la saisit, elle est déjà partie ailleurs. « Il faut se relaxer pour que tout devienne automatique. C'est comme un état méditatif. » Expliqué comme ça, ça a l'air facile.
Les 30 ans Après Niels Peter Molvaer et Mike Stern, le Jam continue de fêter ses 30 ans en invitant Fanga (5/11), Les Voix liées (13 et 14/11), Larry Carlton (18/11), Wayne Lavallee (19/11) et une soirée Brésil avec Marcio Faraco (21/11).

Eric DELHAYE
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Mike Stern : rock on stage !

JAM, Montpellier (34), 22-10-09
Mike Stern (g), Randy Brecker (tp), Dave Weckl (dm), Chris Minh Doky (elb, b)
Il aime venir au JAM, le répète, et après 5 passages dans la salle de concert de l'excellente école montpelliéraine, le public le lui rend bien. Du gros rock, puissant, appuyé par une rythmique terrible, a enflammé une salle pleine à craquer.
C'est moins policé que sur son dernier opus "Big Neighborhood" au concept un peu brouillon avec la pléiade d'invités qui le compose et la diversité des répertoires visités.

Des riffs à la Deep Purple des bons jours, une reprise de Hendrix, l'homme à la Yamaha s'installe dans une musique binaire qui fonctionne à merveille. On en est même surpris quand Randy Brecker surgit de l'ombre pour poser un phrasé toujours juste et subtil, après la grosse guitare de Mike Stern ! Les deux s'entendent parfaitement, jouant souvent à l'unisson, fruit d'une collaboration intermittente mais fructueuse qui date de plus de vingt ans. Ils sont bien aidés par un Dave Weckl, époustouflant, qui a définitivement rangé au placard ses démonstrations parfois rébarbatives de ses albums solos des années 90, pour laisser place à un jeu très appuyé, sans fioritures, et très complice avec Chris Minh Doky. Le bassiste alterne contrebasse et basse électrique avec une aisance aussi déconcertante que les soli de Dave Weckl sur son gigantesque set de batterie. S'il est sobre dans la rythmique, le batteur n'en est pas moins démonstratif lorsque les projecteurs sont braqués sur lui, à mains nues, aux balais ou aux baguettes.

Mike Stern aligne les notes avec un son plus gras qu'à l'accoutumée, une attaque de corde rageuse qui rend difficile la position assise à un public de connaisseurs, nombreux à venir se faire photographier à la fin du concert aux côtés du guitariste du Miles Davis des années 80.

Mike Stern vient d'enregistrer avec Steve Vai et Eric Johnson car « c'est quand même autre chose que les guitaristes de jazz », dit-il avec le sourire de celui qui vient de vendre des dizaines de disques dédicacés en fin de concert, alpaguant le spectateur tel un bonimenteur de foire. « C'est bientôt Noël, pensez à votre grand-mère ! » répète t-il à l'envi.

Sur scène le 23 octobre à St Gaudens (Jazz sur son 31) et le 3 novembre à Nice, Mike Stern nous dit « vouloir tourner et faire plaisir au public » et n'a pas d'autres projets en tête pour l'instant.

La prochaine star qui viendra fêter les 30 du JAM n'est autre que Steve Coleman, qui revient mercredi 28 octobre dans l'école où il avait enregistré "Resistance is Futile" en 2002 et donné moult masterclass. À suivre

Benoît Guerrée (Jazz magazine web)
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Au Jam,

L'aurore boréale avec Nils Petter Molvaer

Entrée religieuse orientale, dans l'obscurité. Comme une lente chevauchée en steppe glacée, le trompettiste Nils Petter Molvaer a entraîné le Jam dans un concert envoûtant. Étonnant. Fusion de trompette, percussions, guitare et électronique plus vidéo. Le spectacle était total, tous les sens mis en éveil. Montée en intensité, la batterie trace la route, Nils Petter Molvaer chante dans le cornet de sa trompette, la pellicule, derrière lui, brûle. Main sur l'ordinateur, il triture les sons. Inspiré. Concentré.

Le public ondule, en rythme, suit le trio qui fait danser la musique, réchauffe les cœurs. Les connaisseurs sont ravis, les profanes esbaudis. Pris dans un univers onirique poétique d'exception. Où le trompettiste psalmodie. Chaque note posèe précisément, chaque écho maîtrisé. Avec Fiction, dernière création, le trio provoque un effet aurore boréale, avec explosion de sons, d'impressions. Vient ensuite une berceuse comme un rêve qui s'étire. Le guitariste joue son instrument à l'archet et le batteur saisit une cymbale qu'il fait sonner jusqu'à rendre vivant le battement d'ailes du papillon. Tout s'enchaîne, file. Musique riche et en même temps limpide. La course effrénée, effet électrocardiogramme, du trio norvégien met l'esprit dans un drôle d'état. Presque hallucinatoire. Les images vibrent et s'inspirent en direct de leur jeu, parfois cubiques, parfois BD genre Bilal, en noir et blanc ou en volutes dorées. Le temps n'a plus de prise… Et quand le concert se finit, nul ne bouge dans la salle pour retenir l'intensité des impressions.

Camille-Solveig FOL
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FESTIVAL RADIO FRANCE                                    

Jam Les talents du Sud s’invitent au domaine d’O

 

Voilà quatre ans que le Jam (Jazz action Montpellier), l’école de jazz et salle de concert de Montpellier, concocte une programmation jazz qui se glisse juste avant les soirées proposées par France Musique dans le cadre du Festival de Radio France. Les deux scènes installées au domaine d’O sont juste séparées de quelques mètres : celle de Jam est sous la pinède et celle de France Musique dans le grand amphi d’O. Le jazz est certes leur bannière commune mais chaque organisateur prépare son programme dans son coin. Xavier Prévost, producteur des concerts de France Musique,
mise sur des artistes nationaux ou internationaux qui ont déjà une notoriété. Jean Peiffer, directeur du Jam, dont les concerts débutent à 20 h 30, veut lui faire entendre du jazz régional.
« Aujourd’hui, on a fait passer quasiment tous les groupes de la région sur cette scène, estime Jean Peiffer. Les formations invitées ont le plus souvent déjà joué chez nous ou sinon ce sont des groupes que l’on a vus ailleurs et que l’on a aimés.
  Le duo Scotch et Sofa chantera sous la pinède du Domaine d’O, ce vendredi, à 20 h 30.
Le jazz que nous sélectionnons ressemble à celui que nous accueillons toute l’année au Jam, c’est-à-dire un jazz plutôt convivial ».
Regroupés sous l’intitulé "Les talents Sud de France en concert", les musiciens qui se produiront sur la scène du Jam seront donc avant tout des locaux (ou presque). Ainsi, c’est avec la classe funk des élèves du Jam (Jam’funk n’groove) que s’ouvre ce soir ces "apéritifs" jazz. Puis  suivront Mezcal jazz unit, Atipa, Louis Martinez trio, Renza- Bô… Ou encore le duo Scotch et Sofa (notre photo).

Mais, cette année, Jean Peiffer a innové, étendant le Sud e la France jusqu’à Barcelone, puisqu’il a invité le trio espagnol Munir hossn project. « On les connaît, indique le directeur du Jam. Et puis on
avait envie de créer des liens avec Barcelone, où il se passe pas mal de choses. » L’année prochaine, le Jam ira-t-il cher cher ses talents du Sud de la France jusqu’en Italie ? _

Mireille PICARD
Midi Libre Mercredi 15 juillet 2009
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MIDI LIBRE Édition du lundi 29 septembre 2008

Les crédits promis par l'État se font attendre

Ce devait être la grande affaire de l'année 2007 pour le Jam : les travaux d'extension de son école de musique allaient débuter en mars. Las, plus d'un an après, le premier coup de pioche ne paraît pas être imminent. Pourtant, tout semblait se présenter sous les meilleurs auspices avec l'accord donné en 2006 par la Ville, le Département, la Région et l'État, via son représentant sur place, la Drac.
Tous unanimes pour aider le Jazz Action Montpellier à financer, à côté de sa salle de concert, l'aménagement d'un véritable hall d'accueil pour les deux cents élèves, la création d'une salle de cours théorique supplémentaire et de quatre boxes de répétition. Les 484 000 € nécessaires allaient donc être débloqués, les trois collectivités locales faisant illico voter leur part dans leur budget respectif.
La Drac, direction régionale des affaires culturelles, ne s'est pas précipitée pour engager les 120 000 € promis. Et, profitant de l'inspection demandée par le Jam pour obtenir l'agrément national École de musique, le ministère a conditionné l'octroi des crédits aux conclusions de ce rapport.
« L'inspecteur est venu en mai 2007 et nous avons eu ses conclusions en mai 2008 », annonce le directeur, Jean Peiffer, qui livre les dites conclusions : « Elles indiquent que le Jam a compétence pour assurer des formations mais qu'accorder le label du ministère serait trop précoce en raison, notamment, des travaux d'extension qui doivent être menés. » À l'heure des réductions drastiques dans le budget de l'État, le Jam ne croit plus guère au coup de pouce financier de la Drac. La Ville, le Département et la Région ont certes maintenu leurs subventions mais les sommes prévues ne suffiront pas à mener à bien le projet tel qu'il était envisagé. D'autant, qu'entre-temps, le prix de la construction a sérieusement augmenté.
Il faudra maintenant attendre 2009, et la venue ou non d'autres partenaires, pour savoir si l'extension aura bien lieu et dans quelles proportions. Des contretemps qui n'entament en rien le moral de ces défenseurs du jazz, qui proposent une saison éclectique aux forts accents de musique du monde (lire programme, ci-dessous).

M. PICARD
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Musique
Ba Cissoko cultive ses racines guinéennes

Calebasse calée entre les jambes, Kon Kouré est installé au sol. A côté de lui, Kourou Kouyaté accorde sa basse. Bien isolés phoniquement dans un coin du studio Lakanal, ils ne voient guère, derrière leur cloison mobile, Ba Cissoko le chanteur, Abdulaï Kouyaté à la guitare acoustique et Sékou Kouyaté avec sa kora. « Ça tourne », indique le sonorisateur Pierre Vandewaeter après que les musiciens se sont accordés. Doté chacun d'un casque sur les oreilles qui leur permet de s'entendre mutuellement, ils se lancent dans l'interprétation de Mambo, un des douze titres du prochain album du talentueux groupe guinéen Ba Cissoko. Ils ont tellement l'habitude de jouer ensemble que l'entente est parfaite. Tout est fluide. Ils feront tout de même une seconde prise.
Après avoir réalisé leur maquette à Marseille, c'est donc à Montpellier que Ba Cissoko et ses musiciens enregistrent depuis lundi leur troisième album. « Pierre nous a été recommandé par un sonorisateur d'Arles avec qui j'avais fait le premier album et dont j'avais beaucoup aimé le son », explique Ba Cissoko. Le groupe est ici jusqu'à dimanche pour achever ce disque nommé Séno, ce qui signifie agriculture en malingue. « Ce titre, c'est un hommage à ma grand-mère qui cultivait du riz. Une grand-mère quim'a beaucoup appris, y compris à chanter », explique ce descendant d'une famille de griots qui chante également en peul, en soussou, autres langues de Guinée-Conakry, et un peu en français. Les racines musicales de cet opus sont bien sûr africaines. D'autres influences se mêlent : rock, flamenco, reggae, musique cap-verdienne...
Hier, sept titres avaient déjà été enregistrés. Bon nombre de solos de musiciens sont encore à graver. Le disque sortira en octobre. Le groupe viendra le présenter au Jam, le 14 novembre.

M. PICARD
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MIDI LIBRE mercredi 30 janvier 2008

Lundi soir, au Jam, Mouss et Hakim (Zebda) présentaient leur projet

Origines contrôlées :

« Des Chansons de France »

ENTRETIEN

Qu’est-ce qui motive le projet Origines contrôlées, consacré aux chansons anciennes de l’immigration algérienne ?
Mouss Amokrane : Depuis quatre ans, on a créé à Toulouse le festival Origines contrôlées, autour de la mémoire de l’immigration et de la colonisation. Il était temps de faire un album de chansons de l’immigration algérienne, sauce toulousaine.
L’idée est de dire : ce patrimoine existe, mettons-le au pot commun. De même, il y a des langues de France, l’arabe et le kabyle en font partie.

Que nous apprennent ces chansons sur cette première vague de l’immigration et sur la période dite de l’entre-soi ?
Elles expriment la souffrance de l’époque : on subit en espérant des jours meilleurs et on le fait entre-soi. La réalité est aujourd’hui très différente. Il n’y a plus de communautarisme.
Le danger n’est plus dans l’entre-soi mais plutôt dans cette rupture que peut provoquer, chez les jeunes des quartiers autant que chez Nicolas Sarkozy, une identité fantasmée.

Le concept d’identité nationale est-il donc dangereux ?
Oui parce que, même s’il n’y a pas de problèmes d’intégration, la désintégration, elle, existe. Quand on parle d’identité nationale, on nous dit : vous en faites partie ou vous n’en faites pas partie. Or, une identité est en mouvement et les flux migratoires ont toujours influencé l’identité française : le musette est, par exemple, né de la rencontre d’accordéonistes italiens et de bougnats auvergnats en banlieue parisienne.

D’ailleurs, ces chansons nous parlent comme faisant déjà partie de notre patrimoine.
C’est ce qui est passionnant en tant que musiciens. On se rend compte qu’elles font partie de l’histoire collective. Ce sont des chansons de France.

La transmission, c’est la clé ?
Il y a cette dimension héroïque que l’on ressent à l’égard de nos parents et qu’on a besoin de transmettre à nos enfants : ça part d’une description de ces gens qui n’étaient pas soumis, qui n’étaient pas très instruits mais cultivés.

Vous opposez ainsi le principe d’empreinte culturelle à celui d’empreinte génétique.
La réflexion est globale face à une idéologie de droite. A l’empreinte génétique, stigmatisante, j’oppose l’idée que notre famille est constituée par les gens avec lesquels on grandit. Je défends donc le droit du sol, je suis républicain.

À Toulouse, vous soutenez la liste LCR-Motivé-e-s alors que votre ami de Zebda, Magyd Cherfi, figure sur la liste PS.
Je ne partage pas ce choix. C’est un peu un abandon du combat, c’est se ranger du côté des "costume-cravate".

Alors, que devient Zebda ?
La parenthèse a été une respiration salutaire pour tous. Mais on évoque sérieusement l’idée de refaire un album. _

Recueilli par Eric DELHAYE

 

Retrouvez Origines contrôlées en concert : 
en mai à Montpellier, au festival Arabesques, 
puis en juillet à Mèze, au festival de Thau.

 

 

L’énergie de Mouss et Hakim

 « Ça va bien ? », demande Hakim, avec son bel accent toulousain, en arrivant sur scène. Ça allait même très bien, lundi soir, au Jam, pour le concert acoustique offert par Origines contrôlées. Mouss et Hakim Amokrane, chefs de file de cette formation réduite pour l’occasion à six personnes sous mode acoustique, ont de l’énergie à revendre, un beau sourire généreux et un formidable répertoire algérien de 1940 à nos jours à partager. Usant de pédagogie pour expliquer pourquoi ces chansons, qui sont les chanteurs…, les frangins et leurs musiciens (Jean-Luc Amestoy, accordéon ; Julien Costa, cajon ; Rachid Benalloua, flûte et mandole ; Manu Vigourous, guitare) ont livré, pendant près de deux heures, en arabe, en kabyle et un peu en français, les chants de leur enfance. Certains airs parlaient à nos oreilles, on a même eu droit à quelques tubes, tel Adieu la France, et à une version passionnante de Quisas en arabe. Pourtant, malgré les rythmes entraînants et la volonté de Mouss de faire participer l’assistance, les spectateurs, à quelques exceptions près, sont restés (trop) sages, bien calés dans leurs fauteuils. Il a fallu attendre la toute dernière chanson du rappel pour qu’enfin l’auditoire se lève et gigote un peu. En tout cas, le pari était gagné : à l’applaudimètre, le groupe avait emporté l’adhésion du public.

M. PICARD
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Midi Libre 4 septembre 2007

Le Jam lance sa saison et les classes de groupe

Il y a bien quelques dossiers qui demandent encore à mijoter mais la saison 2007-2008 du Jam, école de musique et salle de concerts, laisse déjà échapper le fumet de quelques nouveautés. A commencer par la section enseignement.

« Nous montons trois classes thématiques pour jeunes musiciens confirmés, sous la responsabilité de groupes professionnels, annonce Jean Peiffer, directeur. Chacune accueillera sept à huit musiciens. La première concernera les musiques métissées. Elle sera animée par les Boukakes. La deuxième, les musiques de l'Est avec Taraf Goulamas, la troisième, les musiques modernes du désert subsaharien avec Safi. »
Jean Peiffer voit plusieurs avantages à cette nouvelle formule. « C'est du concret », s'engage-t-il. D'abord, le contact de jeunes talents avec des professionnels. Ensuite, une possibilité d'assurer les premières parties des "grands frères". Enfin, pour les musiciens professionnels, le partage de l'expérience, le contact pédagogique et la recherche d'idées pour l'élaboration d'un répertoire. Ces trois thèmes qui peuvent, pour certains, être éloignés du jazz ne le sont pas pour le directeur. « Ces musiques sont des jazz actuels », estime-t-il. Le volet enseignement vient compléter un enseignement musical classique et les classes d'ensemble dédiées à la salsa, au jazz créole, au funk'n groove ou encore au a capella.
Autre projet : le rapprochement avec le conservatoire pour la finalisation d'un enseignement spécifique des jazz débouchant sur un diplôme reconnu au niveau national. « Cela n'existe pas. Ce serait formidable pour les élèves », reconnaît le directeur.
L'avancée de ce dossier dépend de la réorganisation enclenchée au niveau national. Et du lancement des travaux d'agrandissement et de réhabilitation du Jam. Annoncé il y a près de deux ans, le dossier tarde encore du fait d'hésitations administratives de la part de l'État. Les crédits n'ont pas été engagés et grippent les travaux. En plus, ils sont maintenant conditionnés à la présentation d'un rapport d'inspection du ministère de la Culture concernant l'attribution d'un agrément national école de musique dont les résultats seront connus au plus tôt dans le courant 2008. « Cette attente fragilise notre budget car nous avons financé les études des travaux. Elle nous oblige à faire attention sur la programmation de la salle de concerts. Mais nous avons bon espoir. »
Un mot qui convient parfaitement pour le renforcement des relations entre le Jam et l'association Continuum, anciens frères ennemis. Pour la deuxième année, ils coproduisent les Chemins des Master-classes. Continuum et ses musiciens de renommée internationale utilisent son carnet d'adresses pour booker les stars du jazz français. Trois concerts ont ensuite lieu au Jam et dans deux villes du cœur d'Hérault.. En attendant la première d'entre elles, c'est le public qui va mijoter.

Christophe Gayraud
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Rencontre Steve Coleman, le souffle d'une foi en soi

 Midi Libre  février 2007

Le tortueux saxophoniste américain a deux dons. Entre autres, et apparus évidents hier après-midi, au Jam. Celui de maîtriser les rythmes composés les plus complexes et de les injecter dans des improvisations ou des compositions déroutantes. Et la faculté de parler sa musique de la manière la plus Simple. Lors d'une de ces rencontres rares dont on boit chaque mot, Steve Coleman s'est adressé à un parterre (un peu restreint) d'élèves de l'école de jazz. Sous forme de questions réponses, où la timidité a rapidement cédé la place à la complicité, il a évoqué ses débuts, « trop tardifs à mon goût, à 14 ans », son mentor, le sax ténor Von Freeman, sa rencontre avec le jazz en allant écouter et voir des musiciens jouer dans des sessions aventureuses à Chicago, sa ville, davantage que sur disque, le culot d'oser également, même sans d'énormes bagages techniques. «J'ai appris à jouer à l'oreille avant de savoir lire la musique », a-t-il avoué.

La discussion s'est ensuite longuement poursuivie sur sa définition de la réussite. «Peu  importe qu'elle soit économique ou non. L'essentiel est de trouver son chemin dans la voie de son choix. C'est la réalisation de son projet qui est essentielle. Davantage que d'écouter les conseils de ses amis ou de son entourage, c'est de connaître l'histoire des gens qui vous ont précédé qui vous permet de prendre les bonnes décisions».

Steve Coleman venait pour la .trojsième fois à Montpellier. Hier, en soirée, son concert affichait archi-complet. Son public attend déjà avec impatience sa quatrième venue.
Christophe Gayraud
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